Auvergne Rhône-Alpes, une région qui pèse


janvier 18, 2016
Yann Jeandroz
MARKET-On Agence marketing & Agence communication

Depuis quelques jours, la région Rhône-Alpes n’est plus. Tristesse. Je pense à tous ces arbres qu’il va falloir découper pour refaire 3 pages de livres de géographie ! Nous sommes désormais la région « Auvergne Rhône Alpes », ce qui ne constitue pas un changement existentiel. La seule remarque que j’aurai à faire, vu le séisme que ça a créé en France, c’est que les responsables de ce changement auraient au moins pu raccourcir les noms ! Nous aurions pu habiter dans la région Rhôvergne par exemple. Pensez à nos voisins frontaliers, qui vont vivre dans la région « Poitou Charentes Aquitaine Limousin ».

Au-delà de ce débat existentiel, je trouve ce changement plutôt intéressant car nous pourrons maintenant nous targuer d’être la première région industrielle de France, avec ses 490 000 emplois industriels. Notre région représente, en effet, 1,2% de l’emploi industriel en Europe et 1,4% de cette valeur ajoutée.

Mais quels sont ces secteurs d’activités qui nous portent, des landes du plateau de l’Aubrac jusqu’à la Plastics Vallée (je vous donne un premier indice) ? On en compte 8 principaux :

  • Fabrication de produits métalliques ;
  • Industrie du caoutchouc et des plastiques ;
  • Fabrication de produits électriques et électroniques ;
  • Fabrication de machines et équipements ;
  • Industrie chimique ;
  • Industrie textile reconvertie dans les tissus techniques et de luxe ;
  • Industrie pharmaceutique ;
  • Industrie aéronautique.

Pour les chiffres et la localisation de ces points névralgiques de la région Auvergne Rhône Alpes, c’est par ici.

Pour la vision commerciale et marketing, c’est la bonne page. Parce qu’après, que faire de ces chiffres ? On se pavane, on se cramponne à ce titre de région industrielle tant qu’on peut et un beau jour on (re)subit une désindustrialisation massive ? La leçon a été retenue il y a quelques années et que l’on ne refera pas les mêmes erreurs.

J’ai même l’impression que la tendance s’inverse, car mes collègues et moi-même avons rencontré des gens qui avaient même du mal à recruter du personnel qualifiées dans leurs branches ! Quel reproche principal nous ont témoigné ces boîtes en recherche d’embauche ? Des formations qui ne collent pas au terrain, axées sur un point principal alors qu’ils ont besoin de personnes qui ont de multiples compétences. Par exemple : un apprenti va être formé à l’électronique, à la mécanique, à l’automatisme, mais un fabricant de machines spéciales va rechercher quelqu’un qui est certes spécialisé, mais qui peut tout de même répondre à l’ensemble de ces tâches.

Je ne veux pas rentrer dans un débat de comptoir politico-plaintif, mais c’est peut-être l’axe majeur sur lequel notre région pourrait s’orienter afin de montrer notre plus-value face à des concurrents industriels qui excellent, comme l’Allemagne. Je suis convaincu que nous sommes dans une région dotée d’un potentiel énorme. La preuve en est des récents investissements qui ont été effectués par diverses entreprises. Il y a par exemple Patheon France, fabricant et conditionneur de produits pharmaceutiques, a investi 5 millions d’euros et projettent de créer 40 emplois à Bourgoin-Jallieu. Baud Industries, spécialisé dans le décolletage et l’usinage de précision qui va investir 15 millions d’euros sur deux ans pour développer une technologie innovante qui réunit machine de production et machine de contrôle.

Certes, tout n’est pas rose en France. Mais je suis allé voir chez le voisin, et j’ai fait une découverte hallucinante : l’herbe n’y est pas plus verte. Il y a des avantages qu’on n’a pas, mais il y en a aussi que l’on a et que lui n’a pas !