Tag: Marketing agroalimentaire


17Nov 2015
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Glorieuses de Bresse, plutôt poulet que chicken

Pour cet article, on a décidé de ne pas vous torturer l’estomac et de ne le publier qu’en fin d’après-midi, pour vous mettre l’eau à la bouche avant le dîner. Non, nous ne sommes pas une agence marketing spécialisée dans l’agro-alimentaire.

Les Glorieuses de Bresse, c’est l’événement annuel mis en avant par le Comité Interprofessionnel de la Volaille de Bresse. Ces concours se déroulent en quatre dates en Bresse, entre Montrevel-en-Bresse, Bourg-En-Bresse, Louhans et Pont-De-Vaux respectivement les 15, 18, 19 et 20 décembre. Le but est de mettre en avant la qualité de l’élevage et de préparation des volailles AOP de Bresse : les chapons, poulardes et dindes, élevés selon les règles d’un art très précis :

  • Le plumage doit être parfaitement blanc, avec des pattes bleutées propres, entièrement lisses ; une crête rouge, simple, à grandes dentelures (amis punks, abstenez-vous), des barbillons rouges, des oreillons blancs ou sablés de rouge;
  • Un corps dense avec un engraissement harmonieux, une peau fine très légèrement crémée, une forme oblongue;
  • Un minimum de 10m2 par poulet de parcours herbeux qui lui permet de trouver lui-même 1/3 de son alimentation;
  • Les 2/3 restants de sa nourriture sont constitués uniquement de maïs, de blé et de produits laitiers;
  • Une durée de vie qui dépasse de loin celles de ses concurrentes: 4 mois pour les poulets, 5 mois pour les poulardes et 9 mois pour les chapons.

En 1957, cet élevage décroche une Appellation d’Origine Contrôlée – votée par l’Assemblée Nationale – qui définit de façon très précise la zone, la race et les conditions d’élevage donnant droit au titre « Volaille de Bresse ». En 1996, cette appellation qui était limitée au territoire français devient une Appellation d’Origine Protégée et s’étend sur l’ensemble tu territoire européen. La zone d’élevage a été défini très précisément en 1936 avec l’aide d’experts et la saisie du Tribunal de Bourg, grâce à une analyse des sols bressans, des procédés d’élevage, une détermination de la « race pure et exempte de croisements ». Aujourd’hui c’est un territoire de 3 536km2 qui s’étend entre l’Ain au Sud, la Saône et Loire au Nord et le Jura en bordure Est. Donc prenez garde, car une volaille produite « en Bresse » n’est pas forcément une volaille de Bresse!

Cette renommée ne date pas d’hier, puisqu’en 1591, c’est la première fois qu’il est fait mention de « Volaille de Bresse » dans les registres de Bourg-En-Bresse. Pour la petite anecdote qu’on aurait du apprendre dès notre sixième durant le cours sur l’histoire de France: l’origine de l’expression « mettre la poule au pot » : une rumeur prétend que Henri IV fut tant séduit par le goût de la volaille qu’on lui servit, qu’il fit le vœu que toujours son peuple puisse « mettre la poule au pot ». Cette renommée s’établit officiellement lorsqu’en 1825, Brillat Savarin classa cette Volaille de Bresse au 1er rang en déclarant dans son ouvrage « La physiologie du goût » qu’elle était « Reine des Volailles et Volailles des Rois ». Cette histoire a poursuivi son sacre avec le temps, puisque la volaille de Bresse est aujourd’hui utilisée par nos plus grands chefs cuisiniers, comme Paul Bocuse, la Mère Brazier, Régis Marcon ou Patrick Bertron. Georges Blanc est même Président de l’Appellation de Volaille de Bresse, excusez du peu!

C’est à partir de 1862 que se sont ouvertes les Glorieuses de Bresse, pour mettre en avant ce savoir-faire qui demande une attention énorme. Sur la zone AOP « Volaille de Bresse », on compte seulement 200 éleveurs et une cinquantaine d’entre eux participent au concours.

Les Glorieuses de Bresse ne dérogent pas à la règle de notre icône de pays spécialiste du savoir-faire culinaire, puisqu’elles attirent chaque année des personnes venues du monde entier. Lors des éditions précédentes, ils ont reçu les chaînes de télévision nationales russes et sud-coréennes, et c’est l’école hôtelière japonaise qu’ils accueillent cette année pour l’événement.