Le Sucre, de projet artistique éphémère à référence clubbing


février 20, 2018
Lucas EMIN
Le Sucre

Carte de membre du Sucre, preuve, s’il en est, de l’objectivité de l’auteur…

J’en suis bien conscient, la relation entre un établissement de nuit et le marketing peut paraitre tirée par les cheveux.

Souvent elle peut se réduire au choix de la police de caractère du flyer annonçant que d’horribles shooters au kiwi (qui n’ont jamais vu de kiwi d’ailleurs) seront à moitié prix le soir même.

J’en suis bien conscient, ma neutralité sur le sujet et l’objet dont il sera question plus bas en est mise en cause. Mea culpa. Car oui, le samedi soir il m’arrive « parfois » de m’y rendre, dans un élan, dans une envie de House ou d’Electro.

Et tant pis, je le tente.

Le Sucre c’est d’abord Lyon.

Lyon c’est l’innovation, c’est les l(L)umière(s), Lyon c’est la capitale gastronomique de la France, donc du monde (j’ai peur de personne).

Lyon c’est aussi la ville des canuts, industrielle, et paradoxalement, celle de la bourgeoisie lyonnaise (donc).

Tout ça, c’est de la culture, comme les Nuits de Fourvière, comme les Nuits Sonores, comme les Biennales etc etc…

C’est d’ailleurs de la Biennale, celle d’art contemporain de 2011, que va « naitre » le Sucre.

Ce qui n’était au départ qu’un projet éphémère de soirées sur les toits de la Sucrière à Confluence prend une toute autre ampleur. Le succès est là. Et cela se sait.

Quasi instantanément après la fin de la biennale, l’idée poursuit son chemin dans la tête d’un groupe de personnalités lyonnaises qui se constituent en association (Arty Farty, aujourd’hui actionnaire majoritaire du Sucre) . Car en effet, si la scène événementielle si déjà bien installée (Nuits Sonores,…), il manque aux lyonnais un lieu, une « permanence » marqué musiques alternatives. Très rapidement, le Sucre tel qu’il est aujourd’hui prend forme. Le concept du Sucre, c’est déjà du marketing, déjà une baseline,:

« Rooftop/Music/Food/Art »

Vous l’aurez compris, c’était déjà tout à fait adapté à la « cible ».
Rien ne se perd. Surtout quand on parle de bouffe à un lyonnais…

Cette cible c’est celle des jeunes, plutôt cultivés, voire intellos, qui viennent écouter une musique issue de la scène marginale des débuts, dans un lieu qui était une zone industrielle abhorrée par les lyonnais il y a seulement 20 ans.

Cocasse. Mais quand même, le fruit de tout cela est plus qu’un rooftop prisé à la programmation qualitative, éclectique, léchée. C’est aussi un lieu de conférences, d’expositions, de culture en première partie de semaine.

L’idée de ce parallèle, c’est de montrer que le marketing n’est pas une science exacte, que parfois, il est plus opportun de voir en lui une superposition de petites couches, une incrémentation en quelque sorte, qui tient compte de quantité de variables.
Sa proposition de valeur peut être multiple, tant qu’elle est cohérente, qu’elle satisfait le marché.
La bonne idée, c’est celle de l’étude de sa cible, de l’analyse de son marché, de la définition de son produit. On ne fait pas de marketing sans s’intéresser à la société et à ce qu’il s’y passe.
Pour être plus pragmatique, c’est associer son produit, son service, à son milieu, d’en faire un lieu de culture au coeur de sa ville, dans ce cas précis, juste à la confluence de la Saône et du Rhône.
D’ailleurs, quand on parle de Lyon, ne dit-on pas entre Saône et Rhône ?

Mais quand même, envoyer une partie des bourgeois lyonnais écouter de la musique de marginaux au quartier Perrache…

Ps. A l’attention de Sylvain,  il paraitrait que parmi les administrateurs du Sucre, il y aurait un certain Laurent Garnier 😉