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20Fév 2018
Le Sucre
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Le Sucre, de projet artistique éphémère à référence clubbing

Carte de membre du Sucre, preuve, s’il en est, de l’objectivité de l’auteur…

J’en suis bien conscient, la relation entre un établissement de nuit et le marketing peut paraitre tirée par les cheveux.

Souvent elle peut se réduire au choix de la police de caractère du flyer annonçant que d’horribles shooters au kiwi (qui n’ont jamais vu de kiwi d’ailleurs) seront à moitié prix le soir même.

J’en suis bien conscient, ma neutralité sur le sujet et l’objet dont il sera question plus bas en est mise en cause. Mea culpa. Car oui, le samedi soir il m’arrive « parfois » de m’y rendre, dans un élan, dans une envie de House ou d’Electro.

Et tant pis, je le tente.

Le Sucre c’est d’abord Lyon.

Lyon c’est l’innovation, c’est les l(L)umière(s), Lyon c’est la capitale gastronomique de la France, donc du monde (j’ai peur de personne).

Lyon c’est aussi la ville des canuts, industrielle, et paradoxalement, celle de la bourgeoisie lyonnaise (donc).

Tout ça, c’est de la culture, comme les Nuits de Fourvière, comme les Nuits Sonores, comme les Biennales etc etc…

C’est d’ailleurs de la Biennale, celle d’art contemporain de 2011, que va « naitre » le Sucre.

Ce qui n’était au départ qu’un projet éphémère de soirées sur les toits de la Sucrière à Confluence prend une toute autre ampleur. Le succès est là. Et cela se sait.

Quasi instantanément après la fin de la biennale, l’idée poursuit son chemin dans la tête d’un groupe de personnalités lyonnaises qui se constituent en association (Arty Farty, aujourd’hui actionnaire majoritaire du Sucre) . Car en effet, si la scène événementielle si déjà bien installée (Nuits Sonores,…), il manque aux lyonnais un lieu, une « permanence » marqué musiques alternatives. Très rapidement, le Sucre tel qu’il est aujourd’hui prend forme. Le concept du Sucre, c’est déjà du marketing, déjà une baseline,:

« Rooftop/Music/Food/Art »

Vous l’aurez compris, c’était déjà tout à fait adapté à la « cible ».
Rien ne se perd. Surtout quand on parle de bouffe à un lyonnais…

Cette cible c’est celle des jeunes, plutôt cultivés, voire intellos, qui viennent écouter une musique issue de la scène marginale des débuts, dans un lieu qui était une zone industrielle abhorrée par les lyonnais il y a seulement 20 ans.

Cocasse. Mais quand même, le fruit de tout cela est plus qu’un rooftop prisé à la programmation qualitative, éclectique, léchée. C’est aussi un lieu de conférences, d’expositions, de culture en première partie de semaine.

L’idée de ce parallèle, c’est de montrer que le marketing n’est pas une science exacte, que parfois, il est plus opportun de voir en lui une superposition de petites couches, une incrémentation en quelque sorte, qui tient compte de quantité de variables.
Sa proposition de valeur peut être multiple, tant qu’elle est cohérente, qu’elle satisfait le marché.
La bonne idée, c’est celle de l’étude de sa cible, de l’analyse de son marché, de la définition de son produit. On ne fait pas de marketing sans s’intéresser à la société et à ce qu’il s’y passe.
Pour être plus pragmatique, c’est associer son produit, son service, à son milieu, d’en faire un lieu de culture au coeur de sa ville, dans ce cas précis, juste à la confluence de la Saône et du Rhône.
D’ailleurs, quand on parle de Lyon, ne dit-on pas entre Saône et Rhône ?

Mais quand même, envoyer une partie des bourgeois lyonnais écouter de la musique de marginaux au quartier Perrache…

Ps. A l’attention de Sylvain,  il paraitrait que parmi les administrateurs du Sucre, il y aurait un certain Laurent Garnier 😉

4Mai 2016
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Nuits Sonores, encore quelques heures de patience…

9 programmes de jour et de nuit, 50 lieux, 250 artistes, 100 000 festivaliers… A partir de ce soir, 17h, jusqu’à dimanche, minuit, Lyon sera en pause pour se consacrer à la musique. Chez Market-on, on est tous un peu accro à la musique, à se faire écouter les morceaux du moment. Du rock alternatif jusqu’à la Trance en passant par le rock psychédélique et la deep house, on a la prétention de croire qu’on s’y connaît un peu. Mais les Nuits Sonores, festival incontournable en France, nous a encore surpris cette année : rares ont été les groupes que nous connaissions.

Arty Farty, association productrice des Nuits Sonores, c’est une belle histoire qui a commencé en 1999, qui s’est fixé comme mission le développement et la promotion des cultures indépendantes, de la musique jusqu’à la création visuelle, en passant par le graphisme, le fooding, la création numérique… Elle compte désormais 20 salariés, 600 adhérents. L’association produit les Nuits Sonores depuis 2003, s’occupe également du forum Euopean Lab depuis 2011 et des Nuits Sonores Tanger depuis 2013. Elle prend aussi en charge des missions de conseil et de direction artistique pour La Gaîté Lyrique depuis 2008 et Le Sucre à Lyon depuis 2013. Le nouveau projet de l’association pour 2017 a de quoi faire rêver : l’espace 77, un incubateur pour les entreprises culturelles, va bientôt voir le jour à Lyon.

Pour revenir aux Nuits Sonores, le festival s’auto-finance à 83%, le reste étant subventionné par l’Union Européenne, la région Rhône-Alpes et le Ministère de la Culture. C’est aujourd’hui le festival le plus connu à Lyon, et c’est devenu un événement incontournable pour tout festivalier en quête de nouvelles sensations. Faire la fête en plein milieu d’une ville, avoir de multiples possibilités en fonction de ses envies, c’est unique.

Il y a des noms que nous connaissions par-ci ou par-là, comme Rodhad, Moderat, Africaine 808 ou encore David August. Il y a aussi des incontournables, comme Laurent Garnier, Maceo Plex ou Mogwai pour finir en beauté. Personnellement, je serais au Transbordeur jeudi avec un copain qui vient de voir Matias Aguayo à Bruxelles et qui, pour reprendre ses termes, « l’a fait transpirer pendant 3 heures sans s’arrêter ». Pour le reste, ce sont des inconnus, mais je fais confiance à Arty Farty – l’association organisatrice du festival – pour me régaler. Ensuite, ça sera Apéro Séoul vendredi soir et marché de Gros samedi.

Dans cette logique indépendante, je pense que cette quatorzième édition du festival aura une saveur toute particulière, car ce sera la dernière fois qu’on aura la chance de pouvoir profiter de l’ancien Marché de Gros, cette place endormie face au centre commercial de Confluence et qui se réveille seulement pour cet événement unique. Même si pour l’instant tout le monde semble faire l’autruche et joue au roi du silence, mon petit doigt me dit qu’un espace aussi étendu dans le nouveau quartier émergent de Lyon en intéresse plus d’un.

3Mar 2016
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Club Cheval, l’électro french touch reprend du service!

Vous ne connaissez pas Club Cheval?… Du moins, pas encore…? Alors ouvrez les oreilles, car il est bien possible que le titre « Discipline » issu de l’album du même nom, envahisse les ondes comme un des plus gros dancefloor shakers de l’année. Et c’est une très bonne nouvelle car cela fait bien longtemps que ce groupe mérite de sortir de l’underground. Histoire d’un laboratoire sonore français qui va faire le tour du monde…

club-cheval-discipline article market-on sortie album

Club Cheval c’est quatre artistes : Panteros666, Canblaster, Myd et Sam Tiba qui expérimentent des sons nouveaux depuis plus de dix ans déjà à titre individuels, mêlant électro, R&B, downtempo,..  dans un style propre à chacun. En 2009 naît le projet expérimental commun sous le nom de Club Cheval, au milieu d’une scène française underground renaissante, emportée par les ruptures sonores de Justice, Brodinski ou encore Pedro Winter, ancien manager des… Daft Punk.

On parle de musique et lorsque l’on parle de musique et de succès, le marketing n’est jamais loin… sauf que lorsque les artistes parviennent à maîtriser leur image en étant en relation directe et constante avec leur public, on peut parfois voir apparaître des succès sortis du sous-sol en lieu et place de morceaux-soupe moulinés par les majors en attente de vraies nouveautés.

Je suis ces artistes depuis déjà plusieurs années et je trouve que les messages que portent leur musique est un vrai booster anti-sinistrose : l’interview de Club Cheval par les Inrocks ci-après exprime la raison parfaitement.

Panteros666 et Canblaster explique également comment, au delà de la créativité musicale boostée par les influences respectives et maîtrises techniques de chacun, l’évolution de la façon de consommer de la musique ces dernières années et la possibilité de porter leur projet via le blog et les réseaux sociaux ont permis une interaction constante avec les gens, dont j’avoue, je fais partie!

Si vous avez raté le passage de Panteros666 au Petit Salon à Lyon comme moi fin Janvier, vous risquez bien d’avoir des séances de rattrapage dans les mois à venir, pour découvrir un son qui mérite le détour!

Visitez la page web du groupe : www.clubcheval.net

Visitez le label Bromance sur lequel sont sortis plusieurs titres de Club Cheval et de ses membres : http://bromancerecords.com/

24Déc 2015
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Notre lettre marketing au Père Noël

Cher Père Noël,

Nos rêves d’enfants n’ayant pas été réalisés, on se permet un dernier petit tour d’honneur, juste pour voir, comme ça, au cas où, si ça pouvait arriver… On va bien voter, on peut aussi croire au Père Noël, nan ?

Moi-même et toute l’équipe avons été très sages cette année, et nous pensons que nous avons bien mérité, nous aussi, quelques petits cadeaux pour clore cette fin d’année. Si tu n’es pas d’accord avec nous, viens donc faire un tour à la maison pour voir comment on travaille tels des acharnés. Voici donc, après concertation générale, notre liste :

  • Une Nintendo 64 avec Mario Kart pour les jours où nous devons prendre des décisions primordiales : le gagnant de la course prend la décision finale, les autres n’ont rien à dire à Ça c’est une blague, parce que si on a la N64, on pourra fermer la boîte, acheter des chips et de la bière, et arrêter de travailler ;
  • Des sites Internet qui se font tout seul : malheureusement cher Père Noël, encore beaucoup de gens pensent qu’un site Internet, c’est juste créer un nom de domaine et balancer des textes bateaux avec des photos pourries, mais le méchant Père Fouettard alias Gougeul est bien plus intelligent que nous ;
  • Des pizzas qui arrivent par hélicoptère le vendredi, parce que c’est bon les pizzas (et un kebab sans oignons pour Sylvain) ;
  • Une plateforme CRM totalement finalisée, parce qu’on se rend compte que même si on arrive à se souvenir de beaucoup de choses, il nous arrive parfois d’en oublier ;
  • Un mégaphone, pour que l’expert comptable qui habite à côté de chez nous arrête de faire semblant de ne pas nous entendre quand on lui dit bonjour le matin ;
  • Quand on dit qu’on est une agence marketing, qu’on nous laisse ensuite une minute et trente secondes pour expliquer ce que l’on fait concrètement avant de juger ;
  • Qu’Oldelaf joue son morceau La Tristitude dans le jardin de notre zone d’activités pour nous souhaiter une belle année 2016 ;
  • Qu’on ait la chance de continuer à faire ce que l’on fait, toujours avec la même passion ;

Comme les bureaux seront fermés cette nuit et qu’on n’a pas de cheminée, n’hésite pas à passer dès le 24 dans la journée, on pourra même t’offrir un petit café (et pas celui d’Oldelaf, encore une fois).

Amen et bisous.

1Déc 2015
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Beat Base : une histoire sortie du grenier…

Ca aurait pu être une belle histoire mais on ne saura jamais vraiment si la mayonnaise aurait prise avec un éventuel public… Je vais vous raconter une partie de ma vie un peu enfouie, qui m’explique peut être aujourd’hui cette irrésistible envie de travailler avec des personnalités qui veulent voir la vie, y compris professionnelle, « sous un angle différent ».

Cela fait plusieurs semaines que nous discutons musique avec Yann, inconditionnel fan de rock alternatif, et de la dérive marketing qui pousse des artistes décalés à se moquer du star system moderne censé faire émerger des « vedettes méritantes » issues du peuple comme aurait pu le dire Jacques Martin un dimanche de grande audience populaire dans les années 90.

L’histoire que je vous raconte se déroule au début des années 2000, la vague techno qui sera bientôt renommée électro est à son point culminant et j’accumule depuis mes 15 ans plus de 500 vinyls de deejays en devenir. Bob Sinclar produit à cette époque des titres underground (si !si !) et Martin Solveig sort des white records en séries limitées sur son label Africanism, aux rythmiques afros qui vous transpersent le torse dès que vous élevez le volume au delà du raisonnable. Tout semblait possible ! Après tout, les Phunky Data, ces gars de Grenoble, avaient sorti leur album « 38 »… Un album qui crânait sur le numéro du département de l’Isère… Décidemment, oui vraiment, créer sa page de l’histoire de l’électro french touch était possible ailleurs qu’à Paris, semble-t-il.

En 2001, j’avais rencontré Baptiste depuis déjà un moment : son père louait du gros matériel de sonorisation et le pauvre garçon avait déjà perdu une partie de son audition à essayer les enceintes surpuissantes dans un local réduit, selon ses propres dires. En plus d’être un brillant étudiant de l’EM Lyon, il était (et est toujours !) passionné de musique électronique, tout comme moi. Il venait chez moi pour mixer des vinyls, composer sur ma MPC1000 ou sur le Rm1x… et tapait sur les djembés içi présents bien mieux que moi.

Un soir, il me proposa de rencontrer Laurence, ou plutôt de venir l’écouter… C’était au Café Gnome et Rhône à Lyon.

Alors que j’avais les yeux rivés sur les doigts agiles de cette flutiste décidement douée, sortie récemment du conservatoire de Lyon, Baptiste m’argumente une main entre sa bouche et mon oreille, qu’il y a quelque chose à faire car elle recherche des gens pour faire de la musique électro-acoustique… A ce moment là, sans le savoir, le coup était parti dans ma tête.

Ni une – ni deux, le week-end suivant, nous voici tous les trois réunis dans ma maisonnette – appartement de 30m2 pour élaborer ce qui devait être et sera un projet excitant et peu courant : notre musique serait live ! Exclusivement live… Laurence me donnera les gammes sur lesquelles composer sur le Yamaha Rm1x (machine volontairement basique et compacte). Lors de nos performances, tout se jouerai à partir de là : Sylvain séquencera au feeling, Baptiste sera aux percussions et Laurence fera voltiger les notes sorties de son tube d’acier magique au dessus de cette rude mélodie.

C’était génial… Quelques minutes plus tard, nous voilà coincés dans mon minuscule salon entre les machines électroniques et les quelques meubles poussés dans les coins pour faire un tout premier essai… Debout devant mon séquenceur, concentré comme un pilote de Formule 1 avant le départ, j’essaie de ressentir les vibrations qui doivent se mettre en accordance entre nos trois perceptions des sons émis. Je choisis un morceau aux sonorités particulièrement hard… pour voir si ça passe… sans prévenir. Le séquenceur crache ses sons distordus, Laurence pose ses lèvres sur l’embouchure en maillechort, lance un flatterzung, trouve finalement ses marques et nous emmène vers des sonorités enivrantes en partance vers l’Orient. Je suis en train d’enregistrer notre premier morceau, sans balances de sons, sans effets et calés tant bien que mal,… Les minutes passent comme des secondes, le séquenceur tord encore quelques notes… Et voilà. Je choisi un nom à la va-vite à l’aide des molettes de choix des lettres de mon séquenceur et écrit péniblement « Hard oriental track » : je ne veux pas que les sons choisis s’effacent de cette mémoire artificielle potentiellement capricieuse.

Cliquez ici pour écouter « Hard oriental track ».

C’est clair, c’est plus un bœuf qu’un morceau structuré, mais on est emballé !

On décide de se revoir le week-end d’après, mais cette fois il y aura plus de matos. Il faut mieux gérer les balances, les percussions sont trop fortes et puis il faut essayer d’autres morceaux !

Alors nous nous voyons et continuons à enregistrer live… encore, et encore ! Le style s’affine, les balances et les effets sont les bienvenus.

Cliquez ici pour écouter « U-Ground »

Cliquez ici pour écouter « Wind of faith »

Aussi nous avons recruté un ami de Baptiste qui est clarinettiste et qui à passé le crash-test avec brio, sur le même mode que lors de notre première rencontre : enregistrement à l’arrache dans le salon. Le résultat plaît à Baptiste, à moi, mais pas tout à fait à Laurence…

Cliquez ici pour écouter « Forever »

Nous faisons une première date dans un pub… Le principe plaît, les gens dansent mais nous manquons d’expérience. Laurence commence à s’agacer de notre amateurisme ! Elle croît dans le projet mais elle veut en vivre. C’est normal, elle est musicienne professionnelle. Elle diffuse largement des enregistrements auprès des festivals de musique. Ca m’inquiète, je nous trouve pas prêts…

Quand soudain, bing ! la nouvelle tombe. Nous sommes sélectionnés pour jouer en début de soirée au festival Les Rocktambules 2004 en Octobre. C’est le coup de flip.

Les répétitions se succèdent. Mais plus le temps passe, plus la flutiste et le clarinettiste se montent dessus… C’est palpable, je le sens lorsque je tourne mes potentiomètres, lorsque j’envoie les pistes… je dois laisser toujours plus de place aux instruments, réduire les volumes, faire des signes que je ne faisais pas auparavant…

Et puis patatras, un mois avant le festival, tout s’arrête. Baptiste en a marre et Laurence aussi. Elle claque la porte. Elle me rappellera quelques semaines plus tard pour me proposer de travailler à deux. Mais c’est fini, le projet a trop perdu de sa substance, un séquenceur seul avec une flûte, ce n’est plus « binary signal for winds and drums » comme se prénommait la maquette. This is the end. Mais c’était génial, une vraie expérience à sensations musicales.

Quel rapport avec le marketing ? vous ne voyez pas ? Je vais vous dire : Cet article est à destination des personnes qui (désormais nombreuses) jouent d’un instrument ou apprennent à chanter en espérant être un jour une « star » (de consommation). Lorsque je vois ces vraies fausses stars reprendre avec vraie fausse passion les monuments de la musique mondiale, je me demande pourquoi aussi peu d’entre elles sont intéressées par de nouvelles sensations musicales, des essais, des expériences,… Et pourquoi autant d’entre elles se jettent dans une logique d’être repérées, avec comme support la musique. La musique a toujours utilisé le marketing pour fabriquer des stars, mais lorsqu’il s’agit de marchéage lucratif et bien organisé d’humains ayant pour objectif d’exister coûte que coûte aux yeux des autres, même sur un temps très court, est-ce qu’il s’agit encore de musique ? Je ne sais pas, je n’ai pas l’impression.

Beat Base 2004

24Nov 2015
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Dis moi ton taf, je te dirai comment t’es glamour

Je voulais évoquer le décalage flagrant qu’on peut constater entre le marketing BtoB et BtoC : le marketing BtoB, ou marketing interentreprises, c’est au mieux le marketing perçu comme lourd, et au pire, c’est du marketing inexistant puisque de toute façon, c’est une discipline qui ne sert à rien car un bon produit industriel se vend – soi-disant – tout seul… Et le marketing BtoC, c’est le marketing glamour, celui où l’équipe s’enfile des rails de cocaïne en guise de bol de céréales et joue à Clash of Clans toute la journée.

Je voulais arriver à trouver un contre-exemple type de cette différenciation pour en finir avec cette idée que le marketing BtoB est une discipline ingrate.

J’ai donc décidé de trouver un site internet à jour, avec de belles photos, avec du contenu de qualité. Pour ne pas me faciliter la tâche, j’ai pris plusieurs paramètres en compte pour contrer plusieurs objections :

  • L’entreprise ne devait pas être l’un de nos clients pour éviter d’entendre « d’accord, les mecs s’auto congratulent en prenant l’un de leurs clients comme exemple »
  • L’entreprise devait se trouver à Lyon pour stopper les « moi aussi je peux trouver pleins de contre-exemples comme ça ! »
  • L’entreprise devait être en français dès l’arrivée sur le site, pour qu’il ait avant tout une vocation nationale
  • J’ai poussé les spécificités au maximum : secteurs d’activité > industrie, sous-traitance industrielle, matériel et équipements industriels > équipements industriels > équipement électronique > robotique, automatisme, automatisation
  • L’entreprise devait être indépendante, c’est-à-dire ne pas être une filiale d’un groupe pour ne pas entendre « Certes, mais ça c’est une filiale de tel grosse multinationale, le marketing n’est pas gérée en interne »

Voilà ma source.

J’ai donc choisi l’entreprise Technalp, une entreprise qui réalise le câblage de cartes électroniques et leur intégration dans des sous-ensembles ou des produits électroniques finis. Là, ça donne moins envie que de vendre un pot de Nutella, n’est-ce pas ? Ou du moins, de prime abord.

Car si on se rend sur le site internet de l’entreprise, on peut voir un site internet vraiment attractif. Aujourd’hui, le site internet, c’est la carte de visite de l’entreprise. Dès lors qu’un client entend parler de vous, s’il est un tant soit peu intéressé, il ira visiter votre site. Et pour cela, la loi des 7 secondes s’applique : en 7 secondes, votre prospect aura un avis sur vous.

Dans le cas de Technalp, Les photos sont bien retravaillées, elles permettent de mettre en valeur la valeur ajoutée industrielle de l’entreprise. Le contenu est clair, il a la capacité à vulgariser un langage technique pour toute personne qui ne s’y connaîtrait pas dans le câblage et l’intégration de cartes électroniques.

Un beau contre-exemple de marketing industriel !

17Nov 2015
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Glorieuses de Bresse, plutôt poulet que chicken

Pour cet article, on a décidé de ne pas vous torturer l’estomac et de ne le publier qu’en fin d’après-midi, pour vous mettre l’eau à la bouche avant le dîner. Non, nous ne sommes pas une agence marketing spécialisée dans l’agro-alimentaire.

Les Glorieuses de Bresse, c’est l’événement annuel mis en avant par le Comité Interprofessionnel de la Volaille de Bresse. Ces concours se déroulent en quatre dates en Bresse, entre Montrevel-en-Bresse, Bourg-En-Bresse, Louhans et Pont-De-Vaux respectivement les 15, 18, 19 et 20 décembre. Le but est de mettre en avant la qualité de l’élevage et de préparation des volailles AOP de Bresse : les chapons, poulardes et dindes, élevés selon les règles d’un art très précis :

  • Le plumage doit être parfaitement blanc, avec des pattes bleutées propres, entièrement lisses ; une crête rouge, simple, à grandes dentelures (amis punks, abstenez-vous), des barbillons rouges, des oreillons blancs ou sablés de rouge;
  • Un corps dense avec un engraissement harmonieux, une peau fine très légèrement crémée, une forme oblongue;
  • Un minimum de 10m2 par poulet de parcours herbeux qui lui permet de trouver lui-même 1/3 de son alimentation;
  • Les 2/3 restants de sa nourriture sont constitués uniquement de maïs, de blé et de produits laitiers;
  • Une durée de vie qui dépasse de loin celles de ses concurrentes: 4 mois pour les poulets, 5 mois pour les poulardes et 9 mois pour les chapons.

En 1957, cet élevage décroche une Appellation d’Origine Contrôlée – votée par l’Assemblée Nationale – qui définit de façon très précise la zone, la race et les conditions d’élevage donnant droit au titre « Volaille de Bresse ». En 1996, cette appellation qui était limitée au territoire français devient une Appellation d’Origine Protégée et s’étend sur l’ensemble tu territoire européen. La zone d’élevage a été défini très précisément en 1936 avec l’aide d’experts et la saisie du Tribunal de Bourg, grâce à une analyse des sols bressans, des procédés d’élevage, une détermination de la « race pure et exempte de croisements ». Aujourd’hui c’est un territoire de 3 536km2 qui s’étend entre l’Ain au Sud, la Saône et Loire au Nord et le Jura en bordure Est. Donc prenez garde, car une volaille produite « en Bresse » n’est pas forcément une volaille de Bresse!

Cette renommée ne date pas d’hier, puisqu’en 1591, c’est la première fois qu’il est fait mention de « Volaille de Bresse » dans les registres de Bourg-En-Bresse. Pour la petite anecdote qu’on aurait du apprendre dès notre sixième durant le cours sur l’histoire de France: l’origine de l’expression « mettre la poule au pot » : une rumeur prétend que Henri IV fut tant séduit par le goût de la volaille qu’on lui servit, qu’il fit le vœu que toujours son peuple puisse « mettre la poule au pot ». Cette renommée s’établit officiellement lorsqu’en 1825, Brillat Savarin classa cette Volaille de Bresse au 1er rang en déclarant dans son ouvrage « La physiologie du goût » qu’elle était « Reine des Volailles et Volailles des Rois ». Cette histoire a poursuivi son sacre avec le temps, puisque la volaille de Bresse est aujourd’hui utilisée par nos plus grands chefs cuisiniers, comme Paul Bocuse, la Mère Brazier, Régis Marcon ou Patrick Bertron. Georges Blanc est même Président de l’Appellation de Volaille de Bresse, excusez du peu!

C’est à partir de 1862 que se sont ouvertes les Glorieuses de Bresse, pour mettre en avant ce savoir-faire qui demande une attention énorme. Sur la zone AOP « Volaille de Bresse », on compte seulement 200 éleveurs et une cinquantaine d’entre eux participent au concours.

Les Glorieuses de Bresse ne dérogent pas à la règle de notre icône de pays spécialiste du savoir-faire culinaire, puisqu’elles attirent chaque année des personnes venues du monde entier. Lors des éditions précédentes, ils ont reçu les chaînes de télévision nationales russes et sud-coréennes, et c’est l’école hôtelière japonaise qu’ils accueillent cette année pour l’événement.

20Oct 2015
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Bourg-En-Bresse, de l’ombre à la lumière

C’est avec une de mes collègues proche de Bourg-En-Bresse que je discutais de ce sujet d’ex-actualité. Elle était lassée, à chaque fois qu’elle disait venir de cette ville, d’entendre encore et toujours la même chose : « Bourg-En-Bresse, mais c’est où ça ? »

Et puis, il y a eu un changement qui s’est opéré l’année dernière, en septembre 2014 exactement. Ce changement a eu lieu suite à la diffusion de l’émission désormais connue de tous, à une heure de grande antenne. Vous ne remettez pas ? L’émission, c’était Le monument préféré des Français sur France 2, qui permet aux internautes de voter en ligne pour, comme le titre de l’émission l’indique, le monument qu’ils ont préféré.

Cette année-là, c’est le Monastère de Brou qui a été élu par les Français ! Ainsi, la fréquentation en 2014 a augmenté de 25% par rapport à 2013, pour atteindre précisément 77 376 visiteurs. Cette fréquentation a même progressé de 31% durant l’été dernier ! Pour la première fois, le monastère de Brou a même intégré le top 20 des monuments nationaux les plus visités de France. Ce monument, symbole historique de Bourg-En-Bresse qui a vu le jour au XVIème siècle, a été financé par Marguerite d’Autriche, duchesse de Savoie, en mémoire de son époux Philibert le beau. Cette intégration dans le top 20 est à nuancer par rapport aux monuments vedettes : pour atteindre la première place, il faudrait dépasser l’Arc de Triomphe et ses 1,7 millions de visiteurs.

Grâce à une simple émission télévisée, ce n’est pas seulement le monument qui s’est fait connaître, mais l’ensemble de la ville et la région. « Internet est la première chose que l’homme a créé sans la comprendre, c’est la plus grande expérience en matière d’anarchie jamais réalisé. » Eric Schmidt, ancien PDG de Google, avait raison quand à l’emploi de cet outil révolutionnaire. Couplé au média historique qu’est la télévision, cela a forcément fait un carton plein pour le désormais célèbre Monastère de Brou. C’est une autre forme de communication, qui recourt à un vote accessible à tous : après le web 2.0, voici le cross média de masse !

image © Centre des monuments nationaux

22Sep 2015
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Birdy Kids, plus Lyon que le lion

Ces petits oiseaux, je les adore. Quand on arrive du Sud de la France en prenant l’autoroute, on traverse Feyzin. Certes, c’est un peu mieux aujourd’hui – notamment au niveau de l’odeur ! -, mais ça n’en reste pas moins fort peu accueillant pour les touristes qui traversent la ville. Je vois mal une famille néerlandaise arriver là et se dire (je la fais en version française) : «  Mais ! C’est magnifique ici ! Si on s’arrêtait aller à respirer une bonne bouffée de pétrole pour se requinquer ?! »

En remontant hier, j’ai vu ce fameux oiseau tagué sur une plaque en tôle au milieu de la double voie. Je ne sais pas depuis combien de temps il est là, mais c’est comme un deuxième panneau qui marque l’entrée dans la ville pour moi ! Etant donné qu’on en voit de plus en plus ces dernières années à travers l’ensemble de la ville – et plus seulement sur les branches d’autoroutes – j’ai voulu faire quelques recherches sur le sujet. En passant à côté du skate parc du pont de la Guillotière, les deux tags dans les fosses m’ont mis la puce à l’oreille : comment ces grapheurs régulièrement poursuivis par les forces de l’ordre sont passés des autoroutes bordant la ville au plein centre, à la vue de tout le monde ?

Si on revient brièvement sur l’histoire, Birdy Kids est un collectif de trois gars qui a démarré en 1989, qui est passé du stade de dégradation de l’espace public à celui de symbole de la ville de Lyon. Il y avait – et il y a toujours – un côté revendicatif, avec des oiseaux défoncés par l’urbanisme pour montrer qu’ils n’ont plus leur place en ville. Dans les années 2000, ils ont fait le tour de pas mal de grandes villes françaises, jusqu’à avoir été choisi comme ambassadeur culturel de la Ville de Lyon en 2012…! De grapheur en proie aux griffes de la police il y a quelques temps, on peut passer à ambassadeur culturel de la troisième ville de France ?

Si vous allez sur leur compte Instagram, c’est juste dingue : ils nous emmènent à Barcelone, au Mexique, sont exposés à Bangkok ou Tokyo… Un jour on pourra se promener là-bas en se disant « tiens, un petit air de Lyon ».

Et j’en suis arrivé à cette question – défaut professionnel oblige : ces mecs seraient-ils des génies du marketing, même contre leur gré ? Ils font ce qu’ils aiment à l’origine, et ça leur permet aujourd’hui d’en vivre. Ils fabriquent des totems, des sérigraphies, des t-shirts, des goodies, etc… Pour un art qui se voulait revendicatif ? Je suis vraiment heureux qu’ils puissent en vivre, là n’est pas la question. Mais est-ce que chaque personne qui achète un de leur produit est dans l’esprit de revendication que le collectif avait quand ils ont démarré il y a 26 ans ? La réponse est certainement non.

La frontière entre le marketing et l’art est un débat bien plus ancien que cet article, et c’est une frontière toujours aussi indécise. En Mars dernier, un documentaire a été projeté sur les Birdy Kids à l’UGC Ciné Cité Confluence, qui a été décrié par le collectif lui-même comme on peut le lire sur mlyon.fr : « ils n’aiment pas l’image trop lisse, trop officielle qu’on leur prêterait, celle de « graffeurs de mairie » ».

Pour autant, le collectif a fait beaucoup pour la réputation de Lyon : qui connaît les Birdy kids et leurs oiseaux ? Et qui connaît l’emblème de Lyon ?

11Avr 2015
Art & Marketing, Marketing viral, Tendance Marketing 1 comment

1st Ave Machine : quand la vidéo marketing devient de l’art

Zappatilla from 1stAveMachine on Vimeo.

Dans la série des agences de communication décalée, figure une usine à idées purement géniale en la société de 1st Ave Machine…
Basée à Londres, cette agence est en charge notamment des campagnes Google dans un esprit néo-rétro qui, en plus d’être délirantes et empreintes d’une poésie infinie, sont techniquement superbes. 1st Ave Machine (lire « First Have Machine » comme « Machine à Avoir le Premier ») est dans la lignée de ces nouvelles agences qui construisent leur travail autant en terme d’oeuvre d’art façon court métrage, que de film à usage publicitaire…
Afin de vous donner l’eau à la bouche et d’avoir un aperçu du savoir-faire qui est le sien, 1st Ave Machine a construit son site internet comme une véritable galerie d’art dans laquelle il est possible d’errer pendant de longues minutes.
Ce qui est remarquable dans le savoir-faire de cette agence, c’est son apparente capacité d’adaptation au cahier des charges client tant les champs lyriques et techniques semblent être sans limites… D’ailleurs les plus grandes marques ne s’y sont pas trompées puisque Google, Audi, Ford, Samsung, Adidas et d’autres grands comptes s’affichent parmi les clients de cette équipe géniale.
Je vous conseille tout particulièrement de visionner la délirante vidéo indépendante « Zapata USB » qui, en l’espace de 20 secondes, parvient à nous transporter dans une impossible réalité…!
http://www.1stavemachine.com/